Un pari commercial un peu givré
Installée depuis avril dans la zone Ecoparc, l'entreprise familiale Comptoir des glaçons se donne les moyens de développer une offre de glaçons premium à l'échelle régionale.
Saumur, mercredi 17 décembre. Paul Tenart et Olivier Rembert croient fortement en ce concept imaginé par le fondateur de l’entreprise, Christophe Tenart.
L’idée de produire et de commercialiser des glaçons premium n’est pas toute jeune mais elle a vu le jour de manière plus que concrète en avril 2025 au Comptoir des glaçons. « Ce projet, je l’avais dans un coin de la tête il y a dix ans déjà », aime à se rappeler Christophe Tenart, gérant et propriétaire du magasin Promocash de Saumur.
Le chef d’entreprise, qui n’a pas eu peur d’investir dans un nouveau bâtiment de 275 m² sorti de terre il y a six mois maintenant, vit en parallèle cette aventure avec son fils, Paul, en charge de la partie marketing, digitale et des orientations stratégiques. Pour épauler ce binôme père-fils, Olivier Rembert les a rejoints et apporte son expérience avec, entre ses mains, la partie développement et la relation client.
Le glaçon, une pièce à part entière en vogue
Sur un marché « en plein développement » et « dominé en France par 80 % de glaçons importés d’Espagne, sans oublier la Belgique », Christophe Tenart s’est donc d’abord lancé discrètement en 2023, « dans la réserve du magasin Promocash », avec deux machines achetées au préalable.
« L’idée, c’était de fabriquer un peu de glaçons, uniquement pour mes clients B2B car je n’avais pas du tout de partie de stockage pour faire du gros volume. » Avec l’envie de « faire connaître le produit et développer gentiment », une idée qui, depuis, a fait du chemin.
Il faut dire que dans l’Hexagone, « on est complètement à la ramasse », sourit le sexagénaire. Si des structures appelées « des glacières » commencent à s’implanter sur le territoire, cela reste tout de même assez minime. « Il n’y en a qu’une quarantaine, dont trois très importantes », détaille Olivier Rembert.
En plus des fortes chaleurs de plus en plus fréquentes l’été, « qui engendrent régulièrement des pénuries », et « une consommation de glaçons qui gagne du terrain chez les professionnels et les particuliers », les trois associés sur le plan opérationnel sont ambitieux.
D’abord sur un axe de développement initial Angers - Saumur - Tours, offrant un rayonnement « acceptable, par rapport à notre structure actuelle », assure Paul Tenart, « avant de s’implanter à court terme dans tout le Grand Ouest » et « pourquoi pas, devenir un acteur national », par la suite.
Avec dans le viseur, le secteur de la restauration, l’événementiel, les grandes et moyennes surfaces, ainsi que les particuliers. « Si on peut vite être catalogué comme des vendeurs d’eau glacée, on entend bien faire de nos glaçons un ingrédient à part entière et qui sublime, tout en garantissant une vraie qualité de produit », argumente Paul Tenart.
« Aujourd’hui, on peut produire une tonne de glaçons par jour »
Pour offrir ce gage de qualité, l’entreprise, en plus de pouvoir « stocker jusqu’à 30 tonnes de glaçons » dans une imposante chambre froide qui devrait permettre une certaine largesse dans l’anticipation de commandes, s’est donné les moyens de ses ambitions.
« Aujourd’hui, on propose deux types de glaçons, avec une forme convexe, concave, afin de limiter la fonte dans le verre », argumente Olivier Rembert.
Comptez 1,20 € TTC/kg, pour un sac de 20 kg, ou 1,40 € pour 2 kg.
Outre ces glaçons « gourmets », l’entreprise produit aussi « des glaçons nuggets ». Une glace pilée qui, de par sa petite taille et une surface poreuse, « permet de refroidir plus vite qu’un gros glaçon ».
Sans oublier la glace carbonique. En plus d’offrir un aspect visuel attractif, cette glace aérienne au froid extrême peut être utilisée « dans le milieu viticole ainsi que dans le BTP, pour un nettoyage très efficace des outils par exemple ».
Avec ses deux machines, la glacière saumuroise est en capacité de produire « une tonne de glaçons par jour ». Le tout, dans un process d’hygiène très contrôlé.
Si ce nouveau défi complètement givré n’en est qu’à ses prémices, avec « 10 tonnes produites et vendues en seulement quatre mois cet été », nul doute que les perspectives sont grandes.
Matthieu GRUAZ-TOUSSAINT - Ouest France
